Réponse d'Isaac Franco à la lettre du président du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB) datée du 3 novembre 2011.

Le style poussivement condescendant de «la réponse de Sosnowski à Franco» datée du 3 novembre dernier masque mal l'absence révélatrice de réponses touchant aux carences dont j'ai dressé le double constat. (1) (2)

En revanche, on y agite toujours le spectre ridicule de cette «guerre des Juifs» alors que la critique publique, certes sévère mais dûment argumentée, de la «méthode» et du bilan du CCOJB ressortit au registre du débat légitime et salutaire sur une question qui intéresse chacun des Juifs de notre communauté.

C'est d'ailleurs moins ce débat qui alimente la prétendue guerre des Juifs que ce chiffon rouge qu'agite pathétiquement le CCOJB dans sa réponse pour tenter de me discréditer.

Après le courrier exaspéré (3) de la vice-présidente du CCOJB demandant des comptes pour la seconde partie de «Constat de carence» au rédacteur en chef du Contact J, il y a dans cette réponse puérile («d’autres Juifs et Institutions juives (...) en ont fait et en font cent fois plus que lui»…) un autre témoignage que l’on y a décidément les nerfs bien fragiles.

Il aura en effet suffi que soit fait publiquement le compte des carences les plus criantes de l’institution pour qu’au CCLJ et au Cercle Ben Gourion (CBG), on se mobilise pour lui venir aussitôt en secours après que le responsable de Radio Judaïca au CBG - accessoirement un autre vice-président du CCOJB - ait tenté à deux reprises d'y censurer tout débat sur la question.

On y découvre encore cette règle saugrenue comme sortie d'un chapeau d'apprenti tyranneau qui voudrait qu'on ne soit autorisé à faire le bilan de l'action de ce CCOJB qu'à la fin du mandat de son président, au nom de «la décence» et du «respect qui veuillent qu’on compare deux mandats achevés et pas en cours, sur base de présomptions».

Il y a dans cette prose approximative cette autre allusion malveillante au «bilan de la législature CCOJB précédente» duquel s’enorgueillissait pourtant l’un des anciens vice-présidents de l’institution, reconduit en cette même qualité dans l'actuelle législature...

Et un bilan que la vice-présidente de l’équipe aujourd’hui en place aura, elle aussi, ardemment soutenu à chaque vote de son Conseil d'administration pendant cette «législature CCOJB précédente» au point d'organiser, de sa propre initiative, un après-midi de collecte de fonds à son domicile pour assurer au CCOJB le soutien financier dont il avait besoin pour son action.

Vous avez dit cohérence?

Et à propos de bilan et de ce «dialogue avec les politiques, avec la presse et le secteur académique qui n’en voulaient plus guère avec l’ancien président», il faudra alors expliquer pourquoi c’est à ce dernier plutôt qu’à l'actuel que s’adresse TV5 le 17 septembre pour poser une question à Leila Shahid sur la demande de full membership de la Palestine au Conseil de sécurité de l’ONU.

Pourquoi est-ce l’ancien président plutôt que son successeur que le site de la RTBF approche le 23 septembre pour une Carte blanche sur cette même question?

Pourquoi La Libre Belgique organise-t-elle ce 23 septembre une interview croisée du professeur Bichara Khader et du précédent dirigeant du CCOJB sur ce thème?

Pourquoi encore La Nouvelle Gazette donne-t-elle la parole le 4 novembre à cet «éminent membre de la communauté juive» pour commenter l’attentat contre les locaux de Charlie Hebdo à Paris?

Sans parler de l’initiative prise à titre individuel le 21 octobre par l’ancien président du CCOJB de déposer plainte contre le député Laurent Louis, plainte à laquelle l’actuelle direction de l’institution décidera de s’associer au terme de ses habituelles tergiversations…

Non, il n'y a rien, décidément rien, dans cette réponse agacée du comité directeur du CCOJB sinon une peu glorieuse charge ad hominem confiée à sa «déléguée à la Censure» par un homme élu par défaut à la présidence de l’institution où il prend depuis lors la critique légitime de son «action» pour de «l’injure».

Enfin, on ne manquera pas non plus d’être troublé par la réactivité du CCOJB lorsqu’il s’essaie à faire taire un critique de son bilan qui contraste singulièrement avec la langue qu’use l’institution pour s’acquitter de son devoir statutaire de solidarité avec l’Etat d’Israël. Une langue de notaire qui lui fait ainsi écrire: «Le CCOJB prend acte du vote du gouvernement belge en faveur de l’octroi du statut d’Etat membre de l’Unesco à l’Autorité palestinienne.» Et ce serait moi qui m’égare en me «trompant de cible»…

Mais «essayez de faire confiance à ce mandat du CCOJB», écrira encore l’ineffable vice-présidente dans un commentaire posté le 8 novembre sur le site de l’Agence Diasporique pour l’Information (ADI).

Sans doute un autre espoir mort-né de ce CCOJB filialisé par le CCLJ tant il apparaît irrémédiablement déconnecté de la réalité et de ceux qu’il pense encore représenter…

Et, peut-être, une perte de temps que de s’en préoccuper plus longtemps.

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^ [1] «Constat de carence», chronique d'Isaac Franco publiée dans le mensuel Contact J d'octobre 2011.
^ [2] «Constat de carence (suite)», chronique d'Isaac Franco censurée dans le mensuel Contact J de novembre 2011.
^ [3] «A part cela, puis-je te demander pourquoi tu as permis qu’Isaac revienne dans le prochain Contact J avec des attaques paraît-il encore plus virulentes contre le CCOJB? Une fois ne suffit-elle pas?», extrait d'un courrier adressé par la vice-présidente du CCOJB à la présidente du CBG (dont dépend le Contact J).


Réponse d'Isaac Franco à la lettre du président du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB) datée du 3 novembre 2011.