Droit de réponse d'Isaac Franco, chroniqueur à Radio Judaïca et Contact J, suite à l'article d'Ouri Wesoly «L'antisémitisme selon Isaac Franco» publié le 7 octobre 2011 sur le site du CCLJ.

Ah, qu’il est divertissant d’imaginer l’agité du CCLJ martyrisant son pauvre clavier pour essayer d’allumer cet Isaac Franco qui fait des phrases décidément trop longues pour les comprendre à la première lecture! Pensez donc, des phrases «alambiquées» qui, certes, ont «un sens», mais longues, longues, «jusqu’à six lignes» a-t-il même compté.

C’est que le bon Wesoly pense que sa prétention au sarcasme tient du style et des lettres, au point de céder à la vanité de proposer des «ateliers d’écriture» où il initierait quelques aficionados crédules au «noble art de l’écriture»... Fort de cette «expertise», il démasque un Isaac Franco - Damned, je suis fait comme un rat! - qui chercherait à «tromper le lecteur» parce qu’il aurait «carrément plagié» Zola.

Si je concède qu’une nature oublieuse ne l’a pas entièrement privé de l’aptitude à déchiffrer les lettres, les mots et les phrases au point de parvenir à mesurer leur longueur, il n’est pas sûr pour autant que, tout à son rêve de moucher les grandes personnes, le gentil Ouri comprenne tout de ce qu’il lit.

Ce qui est sûr en revanche, c’est qu’au CCLJ, on n’a pas aimé mon billet d’humeur intitulé «Constat de carence» paru dans le dernier numéro du Contact J. Pas du tout même. On s’y est même beaucoup agité, beaucoup plus d’ailleurs que lorsque l’un ou l’autre proche de l’Hôtel des Monnaies «fait» sur lui, et on s’est concerté avec le Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique, très irrité et paradoxalement pugnace lui aussi quand on s’avise de dresser publiquement le constat de ses carences.

Le CCOJB où, Restauration oblige, on ânonne la langue des photos-sourires pitoyablement brandies tels des trophées de victoire par sa responsable de la communication (paraît qu’il y en a une, si, si) avec André Flahaut trônant à la table d’honneur du dîner de gala du CCOJB du 20 septembre dernier en pleine procédure d’appel avec le CCOJB, le Flahaut du Mémorial de la déportation en 2006, le Flahaut de la mascarade de Nivelles en 2008 et de la manifestation violemment anti-israélienne du 11 janvier 2009.

Une même langue que celle qui, dans le numéro de Regards 741 (octobre 2011), plaide la maladresse d’André Flahaut après que, dans un rare moment de lucidité, le CCLJ ait écrit le 28 mai 2008 un communiqué où il «dénonce avec vigueur la mascarade organisée ce samedi 24 mai à Nivelles» et dit des amalgames suggérés par Monsieur Flahaut qu’ils «sont graves».

Une langue commune qui pousse à un accord amiable avec un homme qui n’a pas hésité à traîner l’institution représentant la communauté juive de ce pays et son président pour le crime d’avoir stigmatisé le sens de son discours à Nivelles. Une langue insensée qui assoit pourtant cet homme à sa table d’honneur et lui donne ainsi des verges pour se faire battre en cour d’appel si le CCOJB devait en définitive renoncer à l’option d’un accord amiable. Nul n’ignore en effet que seule une décision de justice anéantit réellement la jurisprudence née du jugement de première instance, et qu’un quelconque accord amiable ne dissuaderait personne demain de s’inventer avoir été traité d’antisémite pour faire taire devant les tribunaux quiconque aura eu le front de critiquer sa critique d’Israël.

Cette langue des rubriques people enfin où, confits d’incrédule satisfaction de se trouver invités à ce dîner de gala, posent le Louis Michel de la loi - avortée - de compétence universelle, le Freddy Thielemans de la pantalonnade de la rue Neuve et du droit concédé aux haineux rabiques d’Israël de déverser leur bile dans les rues de la capitale ad vitam æternam, un négationniste du génocide arménien - pourtant stigmatisé par le CCOJB lui-même (cf. communiqué du 23 février 2009) - accessoirement président de l’Exécutif des Musulmans de Belgique, et quelques autres excellences de tous bords politiques immortalisé(e)s en tête de ce funeste cortège du 11 janvier 2009.

Alors, pendant que le CCOJB demandait et, comme de juste, obtenait un droit de réponse à paraître dans le Contact J de novembre, on mettait prestement des talonnettes aux bottillons de l’apprenti commissaire du peuple Wesoly et on le chargeait d’user de son revolver à eau pour faire du Wesoly à mes dépens.

Remarquez, je ne m’en plains pas. Au contraire même, je suis en fort belle compagnie, dont celle du Premier ministre israélien coupable d’ «impéritie» pour son refus d’échanger illico presto des territoires disputés sans de sérieuses contreparties des p’tits copains palestiniens «modérés» de l’irascible pacifiste Wesoly, ou celle encore de mon excellent ami Joël Rubinfeld.

Les faits, à présent.

Pour ceux qui l’ignoreraient, je disais en substance dans mon article que les notables du «nouvel ancien CCOJB s’en remettent entièrement à l’efficacité toute relative de leur stratégie du coup de téléphone et des petits arrangements entre amis (…), et répugnent, même après avoir constaté son évidente insuffisance ou inadéquation, à exprimer publiquement l’indignation ou les attentes de ceux dont ils tirent leur légitimité».

Après avoir dressé une liste non exhaustive d’occurrences où le CCOJB avait «étalé ses carences», j’écrivais en conclusion que le problème du CCOJB «est de voir comme une fin en soi des relations apaisées avec des politiques ou des médias même imperméables à l’intégrité morale la plus élémentaire, quand elles ne sont que des instruments au service de sa mission de lutte contre l’antisémitisme et de solidarité avec Israël à laquelle son président apporte une expertise qu’il possède au plus haut degré dans l’exercice quotidien de sa profession», l’anesthésie.

Je concède que c’est peut-être difficile à lire et à comprendre pour certains (eh oui, les fameuses phrases de 6 lignes et plus…), mais pour l’académicien tupamaro du CCLJ, dresser un inventaire non exhaustif et dûment documenté des dérapages récents et établir un constat de carence de l’institution censée représenter la communauté juive, revient à dire que «la Belgique de M. Franco, toutes régions confondues, ne se compose que d’antisémites».

Pour le matamore du CCLJ, «le discours de M. Franco, c’est: «opuscule raciste à Knokke, dérapage à la RTBF, Mein Kampf, même contenu». Ou «Hitler, Leterme, Flahaut, même combat».

Ainsi, quand j’écris du président du CCOJB qu’il convoie «le message désastreux d’une communauté juive ayant désormais intégré l’idée que la blesser publiquement se paie au mieux du prix d’une réparation privée» à propos du dérapage de la RTBF du 4 septembre dernier, je construirais une symétrie entre ce dérapage et Mein Kampf ou cette autre encore, aussi délirante, entre Leterme, Flahaut et Hitler!

Comme si seule l’ombre sinistre d’Hitler justifiait que l’on émergeât de sa narcose au CCLJ et au CCOJB!

Vous me direz, ces élucubrations et travestissements malhonnêtes ne devraient étonner personne de la part de l’intraitable collaborateur d’un journal au nom duquel le président d’honneur du CCLJ saluait l’an dernier les «capitaines courageux» de la flottille qui tentait, sous couvert humanitaire, de forcer le blocus maritime israélien de l’enclave terroriste de Gaza.

Rien d’étonnant non plus de la part du soutier d’une organisation qui fait la promotion d’un Appel à la Raison où le «diable» Netanyahu est plus responsable de l’impasse qui emprisonne le conflit arabo-juif que le double discours et le maximalisme palestiniens.

Pas plus étonnant venant d’une organisation qui déroule «le tapis rouge à l’homme [Charles Enderlin] qui pourrait bien avoir accrédité l’imposture antisémite la plus obscène de ce nouveau siècle» mais dédaigne «celui qui a pourtant gagné au tribunal le droit de dire de son reportage sur la ‘mort’ de ‘Mohamed Al Doura’ qu’il est une mise en scène grossière (…) au motif que la ‘controverse de Netzarim’ serait une «chamaillerie» et une «chicane» sans importance». (Droit de réponse - décembre 2010 - de Dan Levy, alors vice-président de l’UEJB, à l’ineffable Wesoly).

Pas étonnant enfin de la part de ces «responsables» communautaires qui «regardent leurs chaussures lorsque» leurs «amis politiques appellent à traduire les dirigeants israéliens en justice pour le crime d’user de leur droit à la légitime défense, mettent au compte des Juifs les ratés de l’intégration des dernières vagues de l’immigration ou disent du sionisme qu’il est une forme de racisme et d’extrémisme» (Ibid.)

Sûr que quand le groom de l’Hôtel des Monnaies parle de «distrayants excès scripturaux», il en connaît un rayon…

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Droit de réponse d'Isaac Franco suite à l'article d'Ouri Wesoly «L'antisémitisme selon Isaac Franco» publié le 7 octobre 2011 sur le site du CCLJ. Ce droit de réponse a été publié sur le site du CCLJ le 11 octobre 2011.