«Shalit est devenu un familier de la plupart des familles juives de Belgique»

Dans le cadre d'un dossier spécial consacré aux 3 années de captivité de Guilad Shalit, le Conseil Réprésentatif des Institutions juives de France (CRIF) a interviewé Noam Shalit, père de Guilad, Bertrand Delanoë, maire de Paris, François Zimeray, ambassadeur en charge des droits de l'Homme, Claude Goasguen, député-maire du XVIème arrondissement de Paris, Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste, Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France, et Joël Rubinfeld, président du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB) et vice-président du Congrès Juif Européen (CJE).


CRIF - Vous êtes le président de la communauté juive de Belgique et vice-président du CJE. Quelles sont les informations dont vous disposez aujourd'hui, ou qui vous sont transmises par le gouvernement belge ou l'Union Européenne sur la détention de Guilad Shalit?

Joël Rubinfeld – Aucune, au niveau national. Le nom de Guilad Shalit n'est pratiquement jamais mentionné lorsqu’un membre du gouvernement évoque le conflit du Proche-Orient. Cette affaire n’a pas non plus reçu d’attention particulière au niveau européen, si ce n’est de la France, dont Guilad est ressortissant.

Quel est l'état de la mobilisation de juifs de Belgique et de la société civile dans votre pays?

Le rappel de la détention de Guilad Shalit est continu au plan communautaire. La presse et la radio juives en parlent régulièrement, une association de soutien à Guilad Shalit a vu le jour, notre émission hebdomadaire sur les ondes de Radio Judaïca débute avec le rappel du nombre de jours de captivité de Guilad. Il est devenu un familier de la plupart des familles juives de Belgique.

Tel n’est pas le cas pour l’ensemble de nos concitoyens qui, pour la plupart, ne sont pas au courant de l’existence même de Guilad Shalit. Cette situation s’explique par le désintérêt des mainstream media du sort de l’otage franco-israélien qui, depuis 3 ans jour pour jour, croupit dans une planque du Hamas à Gaza.

Quelles actions comptez-vous mener pour sa libération, tant au niveau de la Belgique que de l'Union européenne?

L’association «Soutien belge à Guilad Shalit» organise ce jour, à Bruxelles, une chaîne humaine autour de la Commission européenne afin de sensibiliser les décideurs politiques et l’opinion publique au sort de Guilad. Nous soutenons pleinement cette action et avons ensemble pris contact avec le président Barroso afin de le rencontrer la semaine prochaine, avec Noam Shalit, le père de Guilad, pour l’entretenir de ce dossier humanitaire et demander des institutions européennes qu’elles accordent à la libération de Guilad la même attention et le même activisme qu'elles ont réservé aux autres otages européens ces dernières années.

Par ailleurs, une délégation du Congrès Juif Européen rencontrera prochainement les instances de la Croix-Rouge à Genève pour leur demander de prendre toutes les mesures nécessaires afin d’obtenir des signes de vie de l’otage franco-israélien détenu depuis plus de 1000 jours au mépris des conventions internationales les plus élémentaires.


Interview du CRIF parue le 25 juin 2009 · Propos recueillis par Edith Lenczner