Pour une vraie paix au Proche-Orient

Discours de Joël Rubinfeld prononcé lors de la manifestation du 7 janvier 2009 devant l’ambassade de la République islamique d’Iran à Bruxelles pour dénoncer la responsabilité de l’Iran et de son bras armé à Gaza, le Hamas, dans le déclenchement des hostilités fin décembre 2008.

Il fait froid ce soir, très froid même, mais cela ne vous a pas empêché de venir nombreux à cette manifestation pacifique. Nous sommes en effet réunis ici ce soir pour exprimer notre totale solidarité avec l'action menée par le gouvernement israélien depuis aujourd'hui 13 jours dans la bande de Gaza, mais aussi pour manifester notre solidarité avec toutes les populations civiles, israélienne et palestinienne.

Mais pourquoi ici? Pourquoi dire ici cette solidarité avec Israël? Pourquoi dire notre solidarité avec l'aspiration légitime des Palestiniens à un Etat démocratique et pacifique aux côtés d'Israël, ici, devant l'ambassade de la République islamique d'Iran?

C'est une question qu'on m'a souvent posée ces derniers jours et je souhaite lui donner à nouveau une réponse.

Nous sommes ici, et non devant l'ambassade d'Israël qui, rassurez-vous, sait notre solidarité, parce que le Hamas est le bras armé de l'Iran au Sud d'Israël.

Parce que l'Iran est la maison mère, l'université où s'enseigne cette idéologie de la violence, de l'exclusion et du terrorisme, et le Hamas sa filiale locale qui met en oeuvre cette idéologie de la violence.

Parce que cette guerre à Gaza n'est pas seulement une guerre entre Israël et le terrorisme palestinien comme on voudrait nous le faire croire, mais aussi une guerre israélo-iranienne.

Une deuxième guerre israélo-iranienne même, puisque comme chacun d'entre vous le sait, la guerre du Liban en 2006 opposait déjà Israël à l'Iran par Hezbollah interposé.

L'Iran a une ambition régionale et même au delà. Et cette ambition menace tout le monde: les Israéliens dans leur sécurité, les Palestiniens qui ne peuvent rêver d'un Etat tout le temps que des terroristes parlent pour eux.

Mais cette ambition menace aussi les régimes sunnites des pays arabes voisins d'Israël qui, en dépit de leurs critiques publiques, attendent et espèrent qu'Israël les débarrasse de cette hypothèque terroriste.

Mais l'Iran menace aussi nos pays, l'Europe. Pas seulement avec ses missiles, pas seulement avec son ambition nucléaire arrogante, mais aussi avec l'idéologie rétrograde de son régime qui insulte les droits de l'homme, ceux de la femme, ceux des homosexuels, une idéologie qui fait de la négation de la Shoah une doctrine officielle, et un régime qui promet à chaque tribune qu'on lui offre avec complaisance, qu'il effacera un jour Israël de la carte.

C'est pour cela que nous sommes ici. Pour enfin sortir ce conflit du regard que des médias, des politiques et des ONG, pervers, ignorants ou irresponsables, nous imposent.

Pour dire qu'il ne peut pas y avoir de paix entre Israël et les Palestiniens tout le temps que la légitime cause palestinienne pour un Etat pacifique et démocratique aux côtés d'Israël est ainsi prise en otage par des terroristes et leurs commanditaires iraniens.

La guerre est une chose horrible mais il est hélas parfois plus lourd de conséquences de ne pas faire une guerre que de la faire.

Cette guerre, c'est le Hamas qui l'a voulue en rompant la trêve le 19 décembre et en lançant le même jour 120 missiles sur les villes israéliennes.

A ce titre, il en est le seul responsable et il doit en assumer toutes les conséquences.

La communauté internationale doit quant à elle faire preuve de cohérence. L'Union européenne a en effet inscrit le Hamas sur la liste des organisations terroristes parce que ce mouvement nie à Israël le droit d'exister là où il est et pour ce qu'il est.

On ne discute pas avec quelqu'un pour qui vous n'existez pas ou qui écrit dans sa charte que vous devez disparaître.

On ne parle pas à des gens qui pointent délibérément leurs armes, leurs missiles, leurs obus de mortiers, sur des écoles, des jardins d'enfants, des usines, des places publiques.

On ne discute pas avec des criminels de guerre qui se servent des civils qu'ils prétendent représenter comme des boucliers humains.

Israël mène un combat juste. Hélas, Israël est, comme chaque fois qu'il doit se défendre, sommé très vite de laisser une chance de survie à ceux qui ont pourtant juré sa perte.

Ce n'est pas juste.

Israël a le droit de se défendre. Israël a aussi le devoir de se défendre et on ne comprendrait pas qu'un quelconque autre Etat au monde abandonne ses citoyens à la folie meurtrière de ses ennemis.

Assez de ce double standard: ce que peuvent et doivent faire tous les pays du monde, Israël peut et doit aussi pouvoir le faire.

Le double standard est l'autre manière de dire qu'Israël n'a pas les mêmes droits que les autres Etats. C'est l'autre manière de lui contester sa légitimité, l'autre manière de dire à Israël que ses droits sont réduits aux acquêts, l'autre manière de lui dire qu'il vit sous liberté conditionnelle. Ce n'est pas acceptable et nous ne l'acceptons pas.

Il n'est pas acceptable non plus d'entendre des personnalités politiques et des gens de médias construire impudemment dans notre pays et ailleurs sur notre continent une symétrie indécente entre un Etat démocratique, Israël, et une organisation terroriste, le Hamas.

S'il devient permis d'insinuer de telles insanités dans l'espace public, il ne faut alors pas s'étonner de susciter des réactions incontrôlables ici, chez nous, dans nos rues.

Des réactions incontrôlables que ces mêmes belles âmes s'empressent de condamner, des belles âmes qui nous disent alors tout le mal qu'il faut en penser quand elles ont en réalité contribué à ce que ces dérapages surviennent.

Assez de cette hypocrisie. Il faut choisir: pyromanes ou pompiers mais pas pompiers pyromanes. C'est trop facile. C'est trop lâche.

Cette dernière semaine, on s'en est ainsi pris à la synagogue libérale à Forest, à la synagogue de Charleroi à 3 reprises, à l'athénée Maïmonide à 2 reprises, à des magasins à Anderlecht, au chandelier de Hanoukkah à Anvers. On a aussi essayé de bouter le feu à une habitation à Borgerhout et menacé de mort une dizaine de familles juives d'Anvers pendant que sur la chaîne de télévision publique flamande, des prétendus comiques invitent un public hilare et complice à rire de la Shoah.

Tout cela suffit! Dayenou! Halass! Assez!