Manifestation devant l'ambassade d'Iran

Discours de Joël Rubinfeld prononcé lors de la manifestation du 24 septembre 2009 devant l'ambassade d'Iran pour sensibiliser l’opinion publique à la menace croissante que font peser le programme nucléaire, la rhétorique antisémite et négationniste et la politique belliqueuse du régime iranien sur son propre peuple et ses voisins du Moyen-Orient et, plus généralement, sur la paix dans le monde.

La dernière fois que nous nous trouvions ici, devant l’ambassade d’Iran, c’était le 7 janvier dernier. Nous étions alors réunis pour dénoncer la main du régime iranien dans l’agression du Hamas contre les populations civiles israéliennes du Néguev, et pour apporter notre soutien à l’Etat d’Israël qui, seul, s’en défendait pendant que la communauté internationale contestait son droit à la légitime défense.

Nul ne l’ignore désormais, les ambitions du régime iranien menacent tout le monde: les Israéliens dans leur sécurité, les pays arabes sunnites de la région, mais aussi les Palestiniens qui ne peuvent rêver d’un Etat tout le temps que des terroristes aux ordres de Téhéran, le Hamas à Gaza ou le Hezbollah au Liban, parlent pour eux.

Mais le régime iranien menace aussi nos pays, en Europe. Pas seulement avec ses engins de mort nucléaire, mais aussi avec une vision du monde rétrograde qui piétine impunément les droits de l’homme, de la femme et des homosexuels, une idéologie qui fait de la négation de la Shoah une doctrine officielle et qui se vante de déclarer à chaque tribune, nationale ou internationale, qu’il rayera un jour Israël de la carte.

Tout cela, nous le disions en janvier et huit mois plus tard, rien n’a changé. Sauf qu’entre-temps, en juin dernier, c’est par la fraude et la violence que Mahmoud Ahmadinejad a été réélu. Depuis, le peuple iranien abandonné à son triste sort par la communauté internationale est plus que jamais la première victime de ce régime tyrannique.

Huit mois plus tard, la répression, l’emprisonnement et la torture des opposants, la pendaison des homosexuels, le mépris des femmes, la course à l’atome, le négationnisme et l’antisémitisme affichés sont toujours les traits distinctifs d’un régime qui insulte sans vergogne la glorieuse civilisation au nom de laquelle il prétend parler.

Le 18 septembre dernier, Mahmoud Ahmadinejad accusait l’Occident d’avoir «lancé le mythe de l’Holocauste». Deux jours plus tard, le guide suprême Ali Khamenei qualifiait le sionisme, c’est-à-dire le droit des Juifs à disposer d’eux-mêmes, de «cancer destructeur».

Tous, nous savons que l’avenir de l’Iran et la paix dans la région et au-delà passent par l’instauration d’un système démocratique, libre et pacifique et que cet avenir passe avant tout par la non reconnaissance de Mahmoud Ahmadinejad comme représentant légitime du peuple iranien.

Hélas, cette nuit encore, c’est en cette qualité reconnue par l’ensemble de la communauté internationale qu’à la tribune de l’Assemblée Générale des Nations Unies, Mahmoud Ahmadinejad a une fois encore, donné libre cours à sa haine de l’Occident, des Juifs et d’Israël.

C’est donc pour sensibiliser l’opinion publique à la menace croissante que font peser le spectre nucléaire, la rhétorique antisémite et négationniste et la politique belliqueuse de ce régime sur le peuple iranien et ses voisins du Moyen-Orient et, plus généralement, sur la paix dans le monde, que nous sommes à nouveau ici, devant cette même ambassade ce soir.

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