Nouvelle plainte contre Laurent Louis

Élu co-président du European Jewish Parliament (EJP) en 2012, Joël Rubinfeld a déposé plainte contre Laurent Louis ce mercredi 17 octobre. Il reproche au député MLD une incitation à la haine et une banalisation de la Shoah.

Décidément, le Nivellois Laurent Louis (MLD) aura encore beaucoup fait parler de lui ces derniers jours. Tout d’abord, en revenant sur sa parole au lendemain des élections. Il avait en effet annoncé que s’il n’était pas élu, il se retirerait de la vie politique. Avec seulement 133 voix récoltées dans la cité aclote, on peut véritablement parler d’un désaveu général pour la tête de liste du Mouvement pour la Liberté et la Démocratie.

Mais ce mercredi, c’est une nouvelle plainte qui a été déposée à l’encontre du Nivellois pour incitation à la haine et banalisation de la Shoah. «Je pense que ce personnage ne vit que par l’outrance et le scandale. Je ne sais pas quel est son problème, si c’est psychologique ou s’il a besoin de créer des scandales pour qu’on parle de lui», lance Joël Rubinfeld, le co-président du EJP. «À plusieurs reprises, il a assimilé Israël au nazisme en proclamant que le gouvernement pratiquait ce régime dictatorial. Cela me choque tout particulièrement d’autant plus que cet homme est député. Même s’il est arrivé là par hasard, et qu’on devrait en être débarrassé en 2014, il engage la parole de l’assemblée. C’est un peu une voix de la Belgique et c’est là que réside le problème. On ne peut pas laisser cela sans suite, surtout lorsqu’un élu, qu’il soit de la Chambre ou du Sénat, tient des propos si outranciers».

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Joël Rubinfeld dépose plainte contre Laurent Louis. Il y a un an presque jour pour jour, le 21 octobre 2011, l’ancien membre du Parti Populaire déposait une première plainte à l’encontre du député MLD pour des propos tenus sur son compte Twitter où Laurent Louis expliquait qu’Israël était un pays «terroriste qui impose sa loi comme le faisaient les nazis en 40». «D’ailleurs, je viens d’apprendre, si je ne me trompe pas, que ce dossier a été classé sans suite à Nivelles», déplore Joël Rubinfeld qui ne désespère pas de voir le député MLD condamné un jour. «On m’a appris qu’on pouvait dire qu’un pays disposait d’un régime nazi sans être poursuivi. Par contre, si plusieurs plaintes sont déposées, il peut s’agir d’une incitation à la haine et dans ce cas-là, une condamnation serait envisageable. Je ne comprends pas que l’on soit aussi tolérant envers ce personnage qui use et abuse de son immunité parlementaire», conclut Joël Rubinfeld.

D'autres plaintes

Joël Rubinfeld n’est pas le seul à porter plainte contre le député Laurent Louis. Avant lui, d’autres l’avaient déjà fait.

Catherine Fonck - Le 19 avril dernier, la chef de groupe cdH à la Chambre, Catherine Fonck, écrivait au président de la Chambre, André Flahaut, pour lui demander d’inscrire à l’ordre du jour de la Conférence des présidents de l’assemblée la possibilité pour le parlement de porter plainte contre le député Laurent Louis (MLD). Ce dernier avait dénoncé l’existence de réseaux et brandi deux photos issues du rapport d’autopsie de Julie et Melissa. S’il s’avérait que l’assemblée ne peut en tant que telle déposer plainte, Catherine Fonck a précisé qu’elle était prête à déposer plainte elle-même.

Jean-Denis Lejeune - Le 18 avril, Jean-Denis Lejeune, le papa de la petite Julie assassinée par Marc Dutroux, a déposé plainte «pour calomnie et diffamation» contre le député Laurent Louis. Ce dernier estimait que les parents de Julie et Melissa avaient été «achetés». Jean-Denis Lejeune étant devenu attaché au cdH et Karin Russo sénatrice.

Marc Metdepenningen - Au mois de juin, une plainte du journaliste du Soir Marc Metdepenningen lui vaut une inculpation pour calomnie et diffamation. Le dimanche 6 mai, Laurent Louis aurait, lors d’une réunion publique à Meise, qualifié le chroniqueur judiciaire de «protecteur des réseaux pédophiles», de «vermine» et aurait invité ses affiliés à «nettoyer ce pays de ces gens».


Article de Jérôme Brys paru dans La Capitale du 19 octobre 2012