Cent vingt élus au premier Parlement juif européen

Émanation de l'Union Juive Européenne (EJU), le Parlement juif européen a été inauguré le 16 février à Bruxelles. Mazel Tov!

Il y a plus d'une dizaine d'années déjà, Shimon Pérès avait suggéré à des responsables communautaires européens de créer une instance juive qui fédèrerait les communautés du Vieux continent. Une idée à laquelle l'Union juive européenne - créée en avril 2011 et présidée par l'homme d'affaires et philanthrope ukrainien Igor Kolomoisky - a décidé de donner suite. Peu après sa création, cette nouvelle instance, vouée au renforcement de la vie juive en Europe, annonçait en effet l'élection et l'établissement dans l'année d'un Parlement juif de 120 membres dont la vocation serait de servir à «rassembler et coordonner les voix des communautés juives à travers le continent européen».

“Le Parlement juif européen a pour vocation de rassembler et coordonner les voix des communautés juives à travers le continent européen.”

Conformément a ce qui avait été annoncé, un processus électoral a donc été mis en place. Original, le procédé a permis à quiconque - personnalités déjà engagées dans la vie communautaire ou non - de présenter sa candidature ou de recommander la candidature de quelqu'un. Les 120 sièges du futur Parlement étant distribués en fonction de l'importance des communautés juives présentes sur les 54 pays du continent européen, la communauté française a obtenu 12 sièges dans cette nouvelle organisation. Au final, ce sont plus de 400.000 personnes qui ont voté par Internet, participant ainsi à l'émergence d'un nouvel organe juif supranational.

La réunion inaugurale des 120 premiers membres élus au Premier parlement juif européen a eu lieu à Bruxelles, dans l'enceinte même du bâtiment du Parlement européen, jeudi 16 février. S'exprimant au nom du Parlement européen, la députée bulgare Antonyia Parvanova a salué l'émergence de cet organe qui sera, selon elle «la voix représentant la communauté juive en Europe». «Pour la première fois, se réunissent ici les représentants d'organisations représentant plus de 3,5 millions de citoyens juifs à travers le continent», a-t-elle également déclaré.

“'Joël Rubinfeld explique que la lutte contre l'antisémitisme au niveau européen représentera un combat majeur, d'autant plus que l'Europe s'est elle-même bâtie sur ce combat.”

Ce Parlement juif européen s'est également doté de deux co-présidents. L'Ukrainien Vadim Rabinovich qui représentera l'Europe de l'Est, et le Belge Joël Rubinfeld, mandaté pour représenter l'Europe de l'Ouest. Interrogé par nos soins, ce dernier explique que ce nouveau Parlement a pour «vocation de travailler avec toutes les organisations juives qui existent et qui partagent les mêmes valeurs». L'ancien président du CCOJB (l'équivalent du Crif en Belgique) explique également que la lutte contre l'antisémitisme au niveau européen représentera un combat majeur. «D'autant, rappelle-t-il, que l'Europe s'est elle-même bâtie sur ce combat».

Parmi ces nouveaux parlementaires français on notera la présence de Pierre Besnainou ou encore de Roger Fajnzylberg, directeur général de l'OSE. Ce dernier explique avoir été convaincu par l'idée de participer à la création d'un «projet identitaire». «C'est une aventure qui commence. Ce Parlement permettra d'exprimer un point de vue commun de soutien à Israël dans le débat international, chose ô combien nécessaire aujourd'hui».

Prochaine étape pour le Parlement Juif Européen, la rédaction d'une constitution qui sera soumise à un examen puis un vote de l'assemblée générale. La prochaine réunion est prévue pour le mois d'avril.


Article de Laëtitia Enriquez publié dans l'hebdomadaire Actualité Juive du 23 février 2012