La manifestation pro-palestinienne de dimanche jugée à risque

Diverses associations islamistes et ONG organiseront dimanche une manifestation pro-palestinienne dans le centre de Bruxelles pour dénoncer la situation dans la bande de Gaza. La manifestation débutera à 14h00 à la gare du Midi et rejoindra ensuite, via les boulevards du Midi, Jacqmain, Anspach et Lemonnier, le boulevard Albert II, près de la gare du Nord, où un podium sera dressé et des intervenants prendront la parole durant une demi-heure.

La circulation automobile sera interrompue sur le parcours et les rues avoisinantes dès le départ du cortège, a indiqué vendredi la police de Bruxelles.

Le stationnement sera interdit dès dimanche matin avenue Poincaré, boulevard du Midi, boulevard Lemonnier, place Fontainas, boulevard Anspach, place De Brouckère, boulevard Albert II, chaussée d'Anvers, rue des Teinturiers, au Plattesteen, rue des Riches Claires, rue des Pierres, rue J. Van Praet, rue A. Orts, rue P. Devaux, rue du Marché aux Poulets, rue Grétry, rue de l'Evêque, rue du Fossé aux Loups et rue des Augustins.

Près d'une centaine d'organisations dont la Ligue des Musulmans de Flandre (Liga van Moslims in Vlaanderen), l'Union des Mosquées de Bruxelles, 11.11.11, Oxfam Solidarité et la Composante de la Communauté Arabe de Belgique (CoCAB), soutiennent cette manifestation qui entend réclamer «la fin des massacres dans la bande de Gaza» et dénoncer «le silence des institutions internationales dont l'Union européenne».

Les organisateurs attendent davantage de participants que lors de la manifestation du 31 décembre dernier qui avait rassemblé 7.000 personnes selon la police, et plus de 10.000 selon les organisateurs. Aucune estimation du nombre de manifestants attendus dimanche n'a été fournie par la police de la zone de Bruxelles-Ixelles.

Le bourgmestre de Molenbeek, Philippe Moureaux, a appelé au «calme et à la dignité» lors de la manifestation.

Le bourgmestre de Saint-Josse-ten-Noode s'est associé à cet appel. «Tout débordement violent et tout slogan haineux et raciste sont par principe inacceptables et desserviraient la cause palestinienne», a déclaré ce dernier. «L'armée israélienne doit cesser de transformer un territoire à densité de population élevée en un champ de bataille où est sacrifiée la vie de centaines de civils innocents», a ajouté le bourgmestre de Saint-Josse. Les organisateurs ne nient pas un risque d'incidents pour dimanche, mais se montrent rassurants. «Nous aurons notre propre service d'ordre et nous recevons un appui de communautés musulmanes de Bruxelles et d'Anvers. Nous n'avons été avisés d'aucun appel à la violence. Si des incidents devaient avoir lieu, ils se produiront spontanément en raison de la tension qui pourrait animer certains individus ou groupes», a déclaré Ludo De Brabander, l'un des organisateurs et porte-parole de l'asbl Vrede.

La Ligue des musulmans de Belgique (LMB) a demandé aux participants de ne pas brûler de drapeaux durant la manifestation et de ne pas scander «certains slogans».

Du côté des forces de l'ordre, on considère cette manifestation comme étant à risque, «au même titre que toute manifestation revendicative», a précisé le porte-parole de la police de la zone de Bruxelles-Ixelles. «Plusieurs milliers de personnes sont attendues et en raison du contexte, un conflit très récent, on sera sur nos gardes. Mais on ne ressent aucune tension particulière dans les quartiers», a indiqué un porte-parole de la zone de Bruxelles-Nord.

Le dispositif policier sera important. Les lieux sensibles comme les synagogues et certaines ambassades seront sécurisés. Le parcours qu'emprunteront les manifestants s'étendra sur trois zones de police bruxelloises.

Le Comité de Coordination des Organisations juives de Belgique (CCOJB), qui a organisé mercredi un rassemblement à Ixelles en solidarité avec les populations civiles israéliennes et palestiniennes, ne soutient pas la manifestation de dimanche. «Quand on voit que la plupart des organisations qui soutiennent la manifestation sont identiques à celles qui appelaient à manifester le 31 décembre, on craint d'entendre de nouveaux slogans antisémites et de voir des gens brandir des drapeaux de l'organisation terroriste du Hamas ou brûler le drapeau israélien. Il s'agit d'une manifestation contre Israël et non pour la paix. On peut difficilement soutenir une telle action et on restera vigilant», a déclaré Joël Rubinfeld, président du CCOJB, qui s'étonne de voir les partis francophones Ecolo, cdH et PS parmi les organisations de soutien à cette manifestation.